mardi 19 septembre 2017

winter story

JOUR 3 : 

(Mars 1847)

Sir J. Franklin sort du navire et se fraye un chemin sur la plaine opalescente. Il porte des lunettes en cuir de son invention pour protéger ses yeux de l’éblouissement.
"Deux lunes noires cachant ton regard et que tu portais en ce matin de printemps pour seul vêtement, dans un éclat de rire."




JOUR 2 : 

(Février 1846)

À Naujat, au large de l’île du roi Guillaume, l’Erebus, vaisseau d’exploration, est prisonnier de la glace. L’étendue platine n’a pour horizon que l’infinie blancheur qui paralyse tout être vivant n’ayant pas appris à survivre à l’extrême.




JOUR 1 : 

(Janvier 1854)

À l’heure du thé j’accompagne mon amie Jane. Tandis que son regard vagabonde, ses yeux prennent la couleur laiteuse des glaciers. Sa pupille noire réduite à l’immobilité erre déjà loin lorsque sa main, simple automate finement articulé, plonge sa cuillère dans le liquide doré et que de légères vagues se dessinent à la surface. 
Par les vents glaciaires je l’escorte là où son esprit se perd et sur les terres où mon poème prend fin. 
On m’appelait Eleanor. Je ne suis plus de ce monde et pourtant, aussi longtemps que la surface gelée abritera ses mystères, je creuserai.